Accueil  //  Sylvie Nicolas, poète et écrivain
Des jupons  d'histoires

Poésie

Son oeuvre poétique comprend des recueils comme Des jupons d'histoires, Cette main qui enquête, Par les ongles retenue, Anastasie ou la mémoire des forêts et Dix minutes avant l'heure aux montres de Dali.

 

 

TraductionsLundi sans faute

Traductrice recherchée, elle a traduit plusieurs publications dont Neuvième personne du singulier, Lundi sans faute, Cinq minutes de plus à Berlin, Coeurs Molotov et Un jour même les pierres parleront.
Pied de puce

Littérature jeunesse

Ses livres pour enfants ont presque tous en commun de mettre en scène des enfants qui se sentent différents des autres qui vivent des réalités hors du commun.
 
 
Portes et fenêtres

Visuels

Sylvie Nicolas ne se considère pas comme une artiste visuelle. Les visuels sont pour elle une façon d'écrire ou de mettre en images ce qui lui vient.
  • Tab 1 - Perruches

    Perruches

    Perruches

    Un hommage aux perruches qui, à un moment ou l'autre, ont partagé le quotidien de la poète. Garbo, Greta, Henri, Raoul et Biloxi Blues. Toutes ont inspiré cette petite série intitulée Les Zezzzz.

     

    Consulter la galerie des perruches.

  • Tab 2 - Parcomètre

    Parcomètre

    Parcomètre

    Les courts textes qui composent L'Almanach du parcomètre représentent un état d'esprit, un passage à vide, ce moment où le sentiment d'impuissance face à sa propre situation prend le dessus. Une suite d'instantanés où la poète se représente elle-même comme un parcomètre prisonnier de sa condition.

     

    Consulter la galerie des parcomètres.

     
  • Tab 3 - 8 h

     

    8 h Saint-Vincent de Paulet des poussières

    Cher Vincent-de-Paul, si ça ne vous embête pas trop, je vais sauter par-dessus la sainteté, d’autant plus que là où on vous a stationné – dans un garage désaffecté, côte d’Abraham – parmi les débris de votre socle et autres cochonneries, je me dis qu’on peut se permettre d’établir un rapport un peu moins officiel.

     

    Consulter le bulletin Huit heures.

Captures d'instants 2016

 

 

2017-03-30

ranger tous les poèmes écrits
depuis le début de l’humanité
dans le ventre du verbe aimer

2017-03-17

délier le mystère
tapi sous tes paupières
transformer deux feuilles de papier
en oreiller

2017-01-09

saisir les mots
par les consonnes et les voyelles
en faire des hirondelles autrement

2017-01-03

étrangement nomade
dans mon propre lit
2016-12-21

dans l’industrie politique
Trump, trompettes, tromperies

 

2016-12-21

mon vote va
à l'écriture
à la vie
qui ne font aucune promesse

 

2016-11-25

le monde marchand m'exaspère
trop de temps perdu en réclamation
alors qu'un poète qui meurt
ne réclame rien

 

2016-09-22

les poètes ne se couchent pas
même dans la mort
ils restent debout
de la beauté plein les mains

 

2016-08-31

Ce matin
trop de trop
dans ma tête

ça m'arrive rarement
mais j'ai raté mon café

 

2016-07-12

la mer dans tes yeux
moi    devant

 

2016-06-27

voir autrement
voir peut-être
tout simplement

 

2016-06-13

cent pas à faire pour arpenter
l'étang des songes
ou s'égarer
dans une ruelle sans nom

2016-05-30

toute parole est un corps nu
quand le fleuve
ses marées et ses vents
remontent en moi


2016-05-12

tes doigts sur le coeur réparé
tes doigts d'homme
et mon regard sans voix

 

 

2016-04-18

des mots
et derrière mon épaule
les premières lueurs de l'aube

2016-04-02

fêlures    et lignes de casse
sous tes doigts
redessinant le nid
brindille par brindille

 

2016-02-15

garder les restes sacrés
ne rien laisser au hazard

  

2016-02-03

le pied posé sur l'ombre mendiante
ne rien attendre
pour la main tendue

  

2016-01-18

noir en plein jour
une main posée sur le visage
de l'aube

 

 2016-01-04

les clochettes du temps
aux chevilles des unes
le pas léger des autres
libérées de leurs chaînes

 




Captures d'instants 2015

 

2015-12-09

pour chaque livre ensablé
supplier le vent du désert
de ne pas effacer les pas des enfants

 

2015-11-05

dans les voiles du couchant
près du bâton de marche
l'aumône     ses mystères


2015-10-21

entre le soleil et le blanc
dans les failles du ciment
une minuscule fleur mauve


2015-09-23

ses hanches de pierre
son sourire en ombrelle
un livre d'heure


 2015-09-01

l'arbre-maison
son clou
ses racines
deux fillettes dans l'obscure clarté

2015-08-03

de l'étal au bleu
savoir que la nuit n'est jamais loin

 

2015-07-11

dans l'herbe de juillet
en bordure du trottoir
deux petites mitaines bleues
à quelque pas de là
du même bleu
deux crocs de plastique
aux pieds d'une vieille femme

 

2015-06-23

l'enfant de sable
son secret libéré
un siècle de peur

 

2015-06-02

il suffit d'un unique silence
pour que s'ouvrent
les portes de la tendresse

 

2015-04-30

quand les sons déliés
rassemblent les pas perdus

 

2015-04-09

laisser passer
voir
ce qui s'éloigne en claudiquant

 

2015-04-02

brigand des poussières
petit cœur des rues
l'enfance débraillée
appuyée contre un mur décrépit

 

2015-03-10

nous dirons le glissement du rose

le voile et ses soupirs

la courte descente du jour

vers le suivant

 

2015-02-25

la magie des chaussons rouges

sur le trottoir des matins

 

2015-02-09

dans un coin du journal

le regard enseveli des âges

dans ses plis

les vies en allées

 

2015-02-01

si seulement on savait lire les vents

chevauchant un poisson de bois

 

2015-01-08

chaque fois

deux pierres tombées

pour marquer  le passage

de ceux qui s'éloignent

 

2015-01-03

la rondeur blanche

comme ventre de femme

son riedeau arc en ciel

et l'enfant    bien sûr

qui avale l'aurore brodée d'or

 

 

 Captures d'instants 2014

 

2014-12-11

au bout des doigts

retenu par un fil

le destin des ombres et

une journée incertaine

 

2014-12-02

devra sécher après trempage

tout ce qui s'absente

jour après jour s'il le faut

 

2014-11-28

imperceptiblement

verser

les larmes du monde

 

2014-11-10

des bracelets de lumière

sur le ventre du jour

 

2014-10-30

en marge du fleuve

le chuchotement des couleurs

 

2014-10-22

le soleil et ses beautés

la pâleur d'un presque ciel

la langue souple des flots sur mes peids immobiles

 

2014-10-10

dire je t'aime

au rien          à l'absence

perdre la raison

en raison du contexte

s'abstenir de contester

mimer le mot coeur en langue morte

renommer le passé

être sans cesse plus petit que le doute

savoir franchement observer

le silence

sa minutie

son éternité

apprendre à dire sans peur

je t'aime       oui

je t'aime       sans peur

 

2014-10-06

le temps comme un accident

qui aurait perdu la mémoire

 

2014-10-01

des enfants qui font la guerre

au tonnerre et cueillent des étoiles de mer

qui menacent les vagues

qui hurlent à tous vents

pêchent des cailloux

courent après l'ombre d'une ombre

font semblant de tout

et n'ont peur de rien

 

2014-09-23

le corps comme un tissu de jute

le vent dans les jambes

en allant     comme on dit

juste en allant

 

2014-09-18

les mauvaises herbes dorment

et la baie se refait une vie

deux fois par jour

 

2014-09-10

quatre fois la lumière sur le quai

une fois la lueur de la lune

on jurerait avoir vu

le reflet du gisant

dans le dernier croissant

 

2014-08-28

la vie ses pelures

le coeur à vif

 

2014-08-14

terre de roche et de galets

le sauvage respire

 

2014-08-01

la montagne

ses ruisseaux de verts

ses demi-tons

ses cheveux d'arbres fous

les nuages frôlant son dos

comme une femme

la montagne

après l'amour

 

2014-05-21

debout
prête à te perdre
les bras ouverts sur du ciel

 

2014-05-07

cent fois sous tes doigts
la terre continue

 

2014-04-30

ouvrir d'un seul coup de pierre
les phrases vidées de leur sens
libérer le vide

 

2014-04-21

ouvrir la langue
par les quatre chemins
remonter lentement
sans glisser vers la droite
trouver le noyau le cœur l'âme des mots

 

2014-04-17

des arbres au dos rompu
leur révérence
le chant des eaux
sous leurs branches folles

 

2014-04-08

au clos de l'Insolite
sur l'île
moutons blancs

 

2014-03-27

sur la route de Sainte-Anne
des oiseaux sur un fil
et des wapitis de plastique en souvenir

 

2014-03-14

les marées
retirées du ventre du fleuve
pour devenir projets domiciliaires

 

2014-03-02

un baiser non taxé
l'amour en liquidation
ton coeur gelato
je m'avalanche contre toi

 

2014-02-14

chaque mot cherche son livre
chaque cri, son corps
chaque loup, sa forêt
chaque adulte, sa prison

 

2014-02-19

je t'ai perdu un soir d'éternité
depuis
les jours roulent en boucle

 

2014-01-20

les aurores boréales
leurs fils de couleurs
une morsure dans le ventre du ciel
des bras enlaçants l'éphémère
dans le grand manteau de l'hiver

 

2014-01-05

comme un océan démonté
ton regard entre vagues
le mien recraché sur la grève
depuis, je marche en marge de mon corps

 

 

Captures d'instants 2013

 

 

2013-11-02

     se méfier des bouches amoureuses

     qui n'embrassent que les mots

     des faiseurs d'images qui dessinent

     le mouton de Saint-Exupéry

     à répétition

 

2013-10-19   

     je suis le brouillard dans tes yeux

     quand tu te lèves

     je me lève aussi

     

2013-10-02

     le corps comme un pays

     j'avale les frontières

     je cherche une burqa

     où enfouir tous les interdits

   

2013-09-30

     pendant que le Jésus des ouailles

     marchait sur les eaux

     les yeux de ma mère voguaient

     sur un roman fleuve  

 

2013-09-28

     pas assez de sel sur terre

     pour refermer les plaies ouvertes de l'amour

     ou de la guerre

    

2013-09-05

      dis-moi l'âge de l'indéracinable

      le poids d'un souffle au bout du baiser

      dis le nom d'une étoile en chute

      à chaque caillou tombé

      dis-moi le bleu du Saint-Laurent

      quand tout se drape de ciel

      alors je dirai amour sans te casser 

 

2013-08-28

       je veux ranger le chagrin

couvrir tous les tableaux noirs

déposer du sel sur tes lèvres

et lever les bras pour cueillir du ciel

 

2013-08-20

tes doigts de terre oubliée

ton visage de ronces

tes yeux de mauvaises herbes

tout pousse de travers

et pourtant

tu avales des tournesols

et tu sèmes des soleils 

 

2013-08-19

je suis ce fantôme
égaré sous le toit délabré

d'une usine désaffectée

 

2013-07-09

Zola fouille la terre
du bout des doigts
je lui caresse la nuque 

 

2013-06-26

la fenêtre ouverte
plein soleil sur la chapelle
je m'endors
Rimbaud-le-fils à mes côtés 

 

2013-06-12

impasse de la Panique
deux bateaux de tournesols
gonflent leurs voiles 

 

2013-05-17

je suis ce peuplier faux-tremble en quête de terre
les battements d'aile sous mon écorce font langage
je sais que le désir n'est pas une prophétie  

 

2013-05-12

j'ai des oiseaux fous dans les mains

des racines de sel dans la tête
et un nid de brindilles à la place du cœur
le paysage s'est redessiné un autre visage 

 

2013-04-27

dehors quelqu’un maudissait la reine

etréclamait des bouteilles vides

tu as vu en cela une prière pour contrer l’époque

 

2013-04-20

tu ne te souviens pas de l’encre

de l’encre sur mes doigts

de mes doigts occupés à lécher le vrai et le faux

 

VIENT DE PARAÎTRE

Cri de la sourde

Sylvie Nicolas

MOT DE L’AUTEUR
La Sourde dont il est question dans ce livre a vraiment existé. Son cri n’était pas un cri de détresse mais un appel destiné à presser ses filles de rentrer. Ce livre se veut une sorte de géographie des voix qui se perdent, des silences qui s’étendent et de tous les cris que nous peinons à entendre. Son étrange cartographie couvre un vaste territoire qui va de l’Ouest canadien à la Matanie, de Québec à la Gaspésie. Constitué d’histoires croisées, de parcelles de vie, de rumeurs, de souvenances et de bien d’autres tendresses, ce projet d’écriture a remonté le cours comme un saumon en montaison. Chaque page de ce livre est mon pays. Ceux et celles qui le traversent sont d’éternelles marées. Ils ont déversé en moi l’eau salée qui coule dans mes veines.

 

L’EXTRAIT
Fille, ta mère n’a pas attendu les hautes mers. Elle est morte quelques semaines avant. Tu aurais voulu qu’elle te parle de la Matanie. Du territoire où elle a grandi. De ses habitants aux surnoms étranges. De Phirin, l’homme fort de la baie, des Thibodeau, de La Sourde, de La Pipi, du Cordonnier-pas-de-pattes qui faisait émerger sur ses lèvres un sourire énigmatique, quand il lui arrivait de l’évoquer. Tu l’aurais voulue légère et volubile dans le dire et la parlure. Plus légère que les plumes des mouettes voletant autour de toi quand tu jouais sur la grève. Aussi volubile que la mer dans les reflux agités de ses marées. Tu aurais souhaité lui confier que tu l’aimais, la déposer dans l’enchantement des histoires que tu entendais, enfant, quand tu te retrouvais chez ta grand-mère. Mais au sortir de l’hôpital, alors que tu venais de signer les documents attestant son décès, tu t’es retrouvée seule dans la voiture, happée par la réalité.
Ce soir-là, tu es rentrée le corps rempli de nuages, terrifiée à l’idée que la mémoire dans ses fragments meure elle aussi.

 

REVUE DE PRESSE

 

« Attentive aux menus détails du quotidien comme aux amples déploiements de la mémoire et de la pensée, elle accompagne les mouvements de la psyché avec une justesse de mots et de ton qui me met les larmes aux yeux une page sur deux. »

Gabriel Marcoux-Chabot, écrivain, Facebook, novembre 2017

 

« C’est une ode au courage et plus particulièrement au courage féminin. »

Entre cri et silence par Clémentine Noggrel, Journal Le Mouton noir (Rimouski), novembre 2017

 

« L’écriture de Sylvie Nicolas est vive et belle. À mon avis, c’est son roman le plus réussi.»

Fragments de mémoire reconstitués par Matthieu Dessureault, Journal Le Fil, Volume 53, numéro 9 | 9 novembre 2017

 

« Plonger dans Le cri de La Sourde et autres marées, c’est se faire prendre par la main, filer d’est en ouest à travers le Canada et poser son regard sur des fragments de souvenirs, tantôts inventés, tantôts réels, qui, collés les uns aux autres, empêchent les souvenirs de s’effacer. »

Le roman le plus assumé de Sylvie Nicolas par Josée Ratté, Impact Campus, 19 septembre 2017

 

Entrevue sur les ondes de CKRL, avec Denys Lelièvre, Chanson sur parole (Podcast Segment 1:00:00 à 1:50:00), 9 novembre 2017

 

Entrevue sur les ondes de Radio Galilée, avec Yves Houde autour du Cri de La Sourde et autres marées, 10 octobre 2017

 

 

Une vraie bonne petite Métisse

 UNE VRAIE BONNE PETITE MÉTISSE - POÉSIE

Traduction de Sylvie Nicolas

 

Poète métisse originaire de l’Alberta, Marilyn Dumont est la descendante de Gabriel Dumont, ami et commandant militaire de Louis Riel. Une vraie bonne petite Métisse est la traduction de son tout premier recueil de poésie A Really Good Brown Girl (Brick Books, 1996 / Prix Gerald-Lampert)
Une façon pour les francophones de partout de découvrir enfin une grande poète et le souffle d’un héritage.


        Extrait du poème

        Dans la langue du diable

 

                        (…) elle te nourrissait de banique    de thé
                        et de syllabes
                        dont l’écho te revient en tête, là, maintenant
                        sans pouvoir reproduire le son
                        de cette voix qui te berçait et chantait pour t’endormir
                        dans la langue du diable