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Comme pluie (inédit)

Tu longes les parois de ta mémoire sans parvenir à saisir à quel moment tu as associé la pluie à la certitude d'être vivante. Au calme qui se mêle à ton sang. À l'inavouable joie qui te saisit au corps quand le ciel gaspésien s'étend sur le dos du fleuve, que les gens surpris par l'averse, fuient pour se mettre à l'abri, et que tu t'avances vers la mer comme si chaque instant de ta vie n'avait d'autre destinée que de te mener dans ces eaux-là. Tu aimerais être née d'une ondée ou même d'une giboulée. Ou croire que certains humains chutent d'un nuage, percutent l'horizon et basculent sur le rivage sans risque d'être engloutis par les marées montantes. Tu mentirais si tu admettais que tu dois à la pluie l'affection que tu voues à Tennessee Williams. En revanche, tu peux affirmer que ton attachement à son œuvre date de l'instant où tu as découvert son Parle-moi comme la pluie et laisse-moi t'écouter et que le phénomène s'est reproduit avec Patrice Desbiens qui ne t'a conquise que lorsque tu as lu L'effet de la pluie poussée par le vent sur les bâtiments. Si tu devais défendre l'un ou l'autre de ces titres, tu échouerais. Parce que la pluie, elle seule, serait ton unique argument. Sauf si tu pouvais contaminer les gens de sorte qu'ils soient pénétrés par la quiétude qui t'habite quand elle s'annonce à la mer comme à la ville. Davantage encore quand elle se présente dans son vêtement de bruine, comme aujourd'hui.

 

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