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Les inestimables au théâtre

Beckett, Ionesco

Il y a les apatrides – Beckett, Ionesco au théâtre et Agota Kristof en littérature – qui ont fait de la langue française une matrice afin d'accoucher d'eux-mêmes par et dans l'écriture. Ce sont des voix tragiques qui portent la gravité de l'enfance, la naïveté d'être, le mystère du destin qui surgit comme un voleur de vie. Ce sont des voix perdues, égarées, refoulées, abruptes et déstabilisantes, que j'ai croisées pour ne pas oublier que nous ne possédons rien ou si peu, que toujours nous sommes dans cet ultime menace de ne pas être ou d'exister à peine. 

 

Arrabal

Je songe à Arrabal, à son Et ils passèrent des menottes aux fleurs qui se joue entre les quatre murs d'une prison, là où l'imaginaire devient le dernier des lieux à conquérir et à envahir; à ses troublants Fando et Lis en route vers le cimetière, tels deux petits chariots d'enfance et de violence. Un rappel de la cruauté du monde, du pouvoir des mots dans cette même cruauté.